mercredi 22 novembre 2006

Pétition pour le jeu en ligne

Alors que tout laisse à penser que le gouvernement français serait tenté de suivre le (mauvais) exemple américain en préparant un texte répressif contre le jeu en ligne, il est grand temps de se mobiliser pour défendre notre liberté de jouer. Faites comme moi : signez la pétition en cliquant ici : http://www.laisseznousjouer.com/

lundi 13 novembre 2006

Lexique du joueur averti

Il n'est pas toujours évident pour les néophytes de maîtriser la terminologie du poker, un jargon extrêmement riche et largement anglophone. Puisque plusieurs lecteurs de ce blog m'en ont fait la remarque, voici mon lexique des termes à connaître. Il pourra être réactualisé, donc n'hésitez pas à me suggérer de nouvelles entrées.

  • A,K,Q,J,T. La notation des cinq cartes les plus fortes du poker : l'As, le Roi, la Dame, le Valet et le Dix. Les autres cartes sont notées selon leur valeur : 9, 8, etc. (voir aussi c,d,h,s*)
  • Abattage ou showdown. Dévoilement des cartes entre les joueurs restants après le dernier tour d'enchères. La meilleure combinaison gagne le pot.
  • Ante. Mise obligatoire pour tous les joueurs avant la distribution des cartes, généralement à partir d'un stade avancé du tournoi.
  • Assortie, non-assortie. Une main de deux cartes est soit assortie, c'est à dire de la même couleur (suited, noté s), soit dépareillée (offsuited, noté o). Ainsi, KJ assortis se note KJs.
  • Add-on. Supplément de jetons qu'il est possible d'acheter dans certains tournois, à la fin de la période de recaves*.
  • Average stack. Tapis moyen d'un tournoi, soit le nombre de jetons en circulation divisé par le nombre de joueurs restants. Il augmente à chaque élimination et à chaque recave.
  • Backdoor ou runner-runner. Se dit d'une combinaison improbable, réalisée grâce aux deux dernières cartes du tableau.
  • Back in business. Quand un joueur revient subitement dans la course en doublant ou triplant son tapis.
  • Bad beat. Perdre un coup alors qu'on était hyper favori, généralement sur la dernière carte.
  • Bankroll. Somme d'argent disponible pour jouer.
  • Bet. Ouvrir le pot, c'est à dire miser.
  • Betting pattern. C'est la façon de miser d'un adversaire. Combien mise-t-il généralement avec un bon jeu ? Combien mise-t-il lors d'un bluff* ? Mieux vaut varier ses habitudes de mises pour brouiller les pistes.
  • Blinds, SB, BB. Les blindeurs doivent miser une enchère forcée avant même de voir leurs cartes. Exemple : si les blinds sont de 50-100, le Small Blind (SB) doit miser 50, le Big Blind (BB) 100.
  • Bluff. Une arme fondamentale au poker. Consiste à miser avec un jeu moyen voire faible pour induire les adversaires en erreur. Le bluffeur espère faire coucher ses adversaires pour gagner le coup. Voir aussi semi-bluff*.
  • Board ou tableau ou community cards. Ensemble des cinq cartes communes utilisée par tous les joueurs pour former la meilleure main de cinq cartes.
  • Bouton ou Dealer. Le Donneur a le privilège de parler en dernier à partir du deuxième tour d'enchères. On dit qu'il est "en position".
  • Bulle. C'est la plus mauvaise place dans un tournoi : la première place non payée.
  • Buy-in. Prix d'entrée d'un tournoi.
  • c,d,h,s. Ces lettres minuscules indiquent la couleur d'une carte. c pour trèfle (club), d pour carreau (diamond), h pour coeur (heart), s pour pique (spade). Ainsi, la main composée du Roi de coeur et du Dix de pique se note : KhTs.
  • Call. Suivre, payer une enchère.
  • Calling machine ou calling station. Joueur quasi impossible à bluffer, qui suit systématiquement toutes les enchères pour voir les cartes, quelque soient ses probabilités d'améliorer son jeu.
  • Cash game. Partie libre où les jetons correspondent à une valeur monétaire. On peut en racheter et quitter la table à tout moment, à la différence du tournoi.
  • Cash out. Sur internet, encaisser les gains de son compte poker.
  • Check ou parole. Rester dans le coup sans miser, en laissant ses adversaires parler.
  • Check-raise ou parole-relance. Technique qui consiste à laisser son adversaire parler, pour mieux le relancer ensuite.
  • Chipleader. Leader provisoire d'une table ou d'un tournoi.
  • Chips. Jetons.
  • Coin flip. A pile ou face... Rencontre entre deux mains ayant pratiquement autant de chance de gagner le coup. Exemple typique : une paire contre deux overcards (AK contre QQ ou KQ contre 77), environ 55% de chance contre 45%.
  • Continuation bet. Mise après le flop qui prolonge une attaque lancée avant le flop.
  • Cote du pot. Relation entre la mise demandée et la taille du pot. Exemple : s'il faut payer 20 pour suivre dans un pot de 100, la cote est de 5:1. Pour déterminer s'il est rentable de suivre cette enchère, il faut calculer la cote d'amélioration (voir outs*). Si cette cote est inférieure à celle du pot, il faut payer. Exemples : avec 15 outs au turn, la cote contre nous est de 2:1 , et il faut suivre. En revanche avec 4 outs (tirage quinte ventral*), la cote contre nous est de 10,5:1 et il vaut mieux se coucher.
  • Cut-off. Position située juste avant le bouton*.
  • Début de parole ou early position. L'un des trois sièges à gauche du bouton* : SB, BB* et UTG*.
  • Drawing dead. Se maintenir dans un coup sans savoir qu'on est déjà battu. Exemple : chercher une couleur max si l'adversaire a déjà une quinte flush.
  • Family pot. Quand tous les joueurs de la table sont dans un coup.
  • Fin de parole ou late position. Places avantageuses permettant d'être dans les derniers à parler au premier tour d'enchères. Elles désignent les trois sièges à droite du SB, dont le bouton* et le cut-off*.
  • Fish. Joueur faible, large et passif qui suivra souvent jusqu'au bout dans l'espoir de toucher une carte miracle. Il vaut mieux éviter de le bluffer.
  • Fold. Se coucher.
  • Flop, turn, river. Ce sont les cartes communes disposées au milieu de la table. Le flop désigne les trois premières cartes, le turn (ou tournant) est la quatrième et le river (ou rivière) la dernière.
  • Freeroll. Tournoi multitable* gratuit, avec un prize pool* généralement réduit.
  • Freezout. Tournoi joué sans recave possible. Le joueur qui perd tous ses jetons est éliminé.
  • Head's up. Duel en tête à tête.
  • In the money. Finir dans les places payées.
  • Kicker. Deuxième carte, servant à départager les joueurs ayant la même combinaison. exemple : AK l'emporte sur AQ sur le board 72AJ2.
  • Lay-down. Se coucher avec une bonne main dans une situation risquée.
  • Limp. Voir call*.
  • Limp-in. Suivre avec une bonne main au lieu de relancer. Cela se fait principalement en début de parole*. Voir slowplay*.
  • Limp-raise. Se contenter de suivre avec une très grosse main en espérant que le pot sera relancé pour pouvoir surrelancer.
  • Middle position ou milieu de parole. Places situées à peu près à mi-chemin entre les blinds et le bouton.
  • Monstre. Avoir une très grosse main : AA ou KK.
  • Muck. Jeter un jeu perdant sans le dévoiler lors de l'abattage*.
  • Multitable ou MTT. Sur internet, tournoi disputé par des dizaines, des centaines voire des milliers de joueurs.
  • Nuts. Avoir les nuts, c'est avoir le jeu max : la meilleure main possible.
  • On tilt. Se dit d'un joueur qui se met à faire un peu n'importe quoi par énervement, à la suite de mauvais coups. C'est l'attitude à éviter.
  • Option ou achat. Valable en cash game* uniquement. Le joueur UTG* a la possibilité de doubler la blind avant de voir ses cartes, dans le but de parler en dernier lors du premier tour d'enchères. Son voisin de gauche peut -s'il le désire- doubler l'option, mais sans avoir le droit de parler en dernier.
  • Out of position. Ne pas être "en position", c'est à dire ne pas être au bouton*.
  • Outs. Ce sont les cartes qui améliorent une main. Exemple : si le board* est AcJc8s3h, la main 9cTc totalise 15 outs (neuf trèfles, trois Q, et trois 7). Plus on a d'outs, plus on a de chance de remporter le coup. Ici, on a 15 outs/46 cartes non vues = 32,6% de chance d'amélioration. Soit une cote de 2:1 de ne pas améliorer (voir cote du pot*). Attention : améliorer ne veut pas dire abattre la main gagnante. Dans cet exemple, un joueur peut avoir une couleur ou une quinte supérieure...
  • Overbet. Miser plus que le pot, pour arracher le coup.
  • Package. Premier prix d'un super-satellite*, comprenant à la fois le ticket d'entrée pour un grand tournoi, le séjour à l'hôtel et une somme d'argent.
  • Paire splittée. Paire constituée d'une carte ouverte et une carte fermée.
  • Partage ou tie. Quand plusieurs adversaires ont exactement la même main de cinq cartes à l'abattage, le pot est partagé.
  • Pocket pair. Paire fermée. Exemples : KK, 99, 22...
  • Poubelle. Mauvaise main qui mérite d'être couchée avant le flop.
  • Preflop raiser. C'est le joueur qui a relancé le pot avant le flop*, affichant un gros jeu.
  • Prize pool. C'est le montant total des gains dans un tournoi, à partager entre les places payées.
  • Rack. Boîte en plastique permettant de transporter ses jetons. Elle peut contenir 100 chips* (5 compartiments de 20).
  • Rainbow. Tableau multicolore, comme Ac9h7s2d.
  • Raise. Relancer, c'est à dire augmenter la mise.
  • Rebuy ou recave. Certains tournois autorisent les joueurs ayant perdu tous leurs jetons à se recaver, c'est à dire à racheter une nouvelle cave.
  • Rock, serrure. Joueur extrêmement prudent, hyper tight*. Il ne s'engage qu'avec des grosses mains.
  • Roue ou wheel. A2345, également appelée quinte blanche.
  • Rush. Période de chance plus ou moins prolongée.
  • Satellite, super-satellite. Le satellite est un tournoi offrant une ou plusieurs places pour un tournoi au buy-in* plus élevé, ou pour un super-satellite qui délivrera une ou plusieurs entrées directes pour une grande compétition.
  • Semi-bluff. C'est un bluff avec possibilité d'amélioration. Exemple : attaquer avec un tirage couleur*.
  • Set. Brelan obtenu avec deux cartes fermées (pocket pair*) et une carte du tableau. Voir aussi trip*.
  • Short-handed. Table réduite à 5 ou 6 joueurs, contre 8 à 10 pour une table pleine.
  • Shuffle up and deal. "Mélangez et distribuez". Phrase traditionnelle lancée par le directeur du tournoi pour ouvrir la compétition.
  • Side pot. Lorsque un ou plusieurs joueurs sont à tapis*, le pot est scindé en plusieurs parties. Les joueurs ayant toujours des jetons jouent à la fois pour le pot principal, et pour le side pot.
  • Sit and go ou SNG. Sur internet, un sit'n go est un tournoi (généralement à une seule table) qui débute quand toutes les places sont occupées.
  • Slowplay. Sous-jouer ou embusquer une main signifie jouer une main très forte comme si elle était faible, afin de ne pas se dévoiler et tenter de piéger l'adversaire.
  • Stack. C'est l'ensemble des jetons d'un joueur, le montant de son tapis. S'il est faible, on dit qu'il est "short stack". Par ailleurs, un tournoi "deep stack" est un tournoi où la cave de départ est très importante par rapport au niveau des blinds, ce qui implique une durée de jeu plus longue.
  • String bet. Miser ses jetons en plusieurs fois, ce qui est interdit. Il faut soit annoncer le montant de la mise soit poser ses jetons en une fois.
  • Suited connectors. Main composée de deux cartes consécutives assorties*. Exemple : JcQc.
  • Tapis ou all-in ou boîte. Miser tous ses jetons d'un seul coup, au risque de tout perdre.
  • Tell. Geste ou attitude involontaire d'un joueur trahissant la force ou la faiblesse de son jeu.
  • Tight. Adjectif qualifiant un joueur serré, qui n'engage pas ses jetons à la légère.
  • Tirage couleur ou flush draw. Quand il ne manque plus qu'une carte pour faire une couleur. On dit que le tirage est max si l'on détient l'As de la couleur ou le Roi (si l'As est au flop).
  • Tirage quinte ou straight draw. Quand il ne manque plus qu'une carte pour faire une quinte. Exemple : 5679 est un tirage ventral (par le ventre, ou inside straight draw). 5678 est un tirage bilatéral (par les deux bouts). 35679 est un tirage double ventral.
  • Top paire. C'est la paire la plus haute du board*. Exemple : avoir KQ sur le flop K95.
  • Trips. Brelan obtenu avec une carte fermée et deux cartes du tableau. Voir aussi set*.
  • UTG. L'expression "Under the gun" désigne le joueur situé à gauche du Big Blind*. C'est la position la plus inconfortable puisqu'il est le premier à parler lors du premier tour d'enchères. Ses voisins de gauche sont appelés UTG+1 et UTG+2.
  • Winner takes all. Tournoi dont le vainqueur remporte la totalité du prize pool.
  • x ou blank. Désigne une petite carte, dont la valeur est en l'occurence inutile. Exemple : flop AJx.

vendredi 10 novembre 2006

En mode serrure

Me revoilà parmi les 36 compétiteurs du Texas Holdem Challenge du "Multi". En espérant connaître un meilleur sort que le mois dernier, je m'asseois à ma table et constate la présence de mon bourreau de la précédente édition. Pas de quoi m'impressionner, ce soir j'ai décidé d'opter pour le mode serrure.

Peut-être un peu trop, vu ce premier coup catastrophique qui risque de me faire passer pour le plus grand fish de la planète poker. J'ai un peu honte mais je me lance. Depuis le début, j'ai laissé passé une bonne dizaine de mains avant de découvrir celle-ci : KdQs. Pas transcendante, mais suffisante pour payer la relance de 100 (blinds 10-20). Nous sommes trois à voir le flop : KsKh7c. Very nice... Je check, le preflop raiser aussi et le troisième ouvre à 100. Première erreur : je décide de juste payer, histoire de mieux le piéger. Nous ne sommes plus que deux, et 8c arrive au turn. Il check, j'ouvre à 300, il suit instantanément. A la rivière (Jc), mon adversaire annonce tapis... Et là vous savez quoi ? Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris mais j'ai couché mon brelan de Rois. Il a exhibé aussitôt sa pocket 9. Il est vrai que c'était difficilement payable (j'aurais été battu par KJ, K7, K8, JJ, 88, 77, T9, AK ou 2 trèfles), mais sans mon vilain slowplay je n'aurais jamais été dans cette situation. J'aurais dû lui mettre 400 au flop et tapis au turn... Bref par ma faute, je suis déjà en dessous des 1000.

Sans me laisser abattre ni partir "on tilt", je tente de jouer mon jeu en limitant les risques. Je ramasse quelques chips avec une pocket 2. Je call deux faibles enchères et gagne face à un As haut sur le board J65J9.

Je poursuis ma remontée peu après, avec à nouveau KsQd, en middle position. Les blinds sont à 20-40. Je relance à 100 et deux joueurs me suivent. Le flop Ts7s2s est plutôt bon pour moi, mais je préfère checker, les autres font de même. 2h au turn, j'ouvre à 200 et remporte le pot.
Ensuite, j'essaye de voler un pot avec 44 en main sur le flop 753 mais c'est relancé et je dois folder (dommage, le 6 arrivait au turn !).

Je sens que j'entre dans un bon cycle, et cela se confirme quand mon J7s me donne deux paires au flop. Malheureusement, j'attaque et personne n'accroche.

J'ai 1260 devant moi quand les blinds passent à 50-100. Je reçois JJ en milieu de parole. Habituellement, je relance systématiquement avec cette main ô combien dangereuse. Mais je pressens que l'un de mes deux voisins de gauche pourrait envoyer son petit tapis, et je décide de tenter un limp-raise. Gagné : le type d'à côté annonce tapis à 720. Tout le monde se couche et je paye sans hésiter. Il a A9 et va me laisser ses chips (board 68T82). Enfin un peu d'air, j'ai 2075.
J'en profite pour tenter un vol avec ATo sur un flop J76, mais sans résultat.

C'est là que je touche AKo en position de cut-off. Trois joueurs ont suivi la blind, et je raise à 600. Un seul me suit. Le flop AT6 est parfait pour moi, et comme il ne présente guère de danger, je vais all-in (1050) et m'adjuge le pot. Je totalise désormais 2500, soit 500 de plus que le tapis moyen.

Je vais céder quelques jetons de 100 peu après, en payant un petit tapis préflop avec A9o. L'autre avait A8o mais un AQ s'était embusqué et la Dame arrive au flop.

Puis viens une longue période de disette. Les mains-poubelles se succèdent et je reste quasiment deux tours de table complets sans jouer un coup. Les blinds commencent à faire mal mais j'atteins la pause de mi-tournoi. J'entre dans les deux tables finales...

Avec 1900 de tapis sur des blinds à 150-300, je sais que je risque de ne pas m'éterniser dans ce tournoi. Effectivement, après avoir dû abandonner ma grosse blind, je reçois 99 au SB. Un joueur a fait 600, le bouton a suivi et je pousse logiquement la boîte (1600). Les deux me suivent, ce qui est vraiment mauvais signe avec une paire fermée moyenne. Le flop 367 me plait bien, mais lorsque le preflop raiser va all-in, je comprends que la fin est proche. Il dévoile AA et les deux dernières cartes ne feront pas de miracles. Au moins cette fois-ci, je ne sort pas sur un bad beat ! Mais si j'avais doublé mon tapis avec mon brelan de Rois, tout aurait sans doute été différent.

Le Multicolore - Tournoi Holdem Challenge n°5 - 100€+20 freezout
17ème sur 36
Prize money : 0

copyright image : www.multicolore.fr